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G8/ Chapitre 37 - La fièvre du rongeur enragé

  • Photo du rédacteur: Nathalie986
    Nathalie986
  • 18 janv.
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 janv.


Caleb rentra au manoir pour aller chercher Lilith, car ils avaient rendez-vous à Windenburg avec Emmanuelle qu’ils n’avaient pas vue depuis que les hostilités avec le Comte avaient été déclenchées. Se remémorant les paroles du docteur, Caleb regarda au loin. Lilith suivit son regard.


Il constata que le manoir était toujours en train de brûler.

- Au moins, tous ces sanguinaires ne pourront plus faire de mal à personne...

- Tu crois que nous sommes les seuls vampires restant dans ce monde, Caleb ? Landry, toi et moi ?


- J’espère que non... Mais j’ai envie d’un monde où nous puissions vivre en harmonie avec les humains, comme avant...

- Moi aussi. C’était tellement plus agréable de ne plus cacher notre vraie nature et, lorsque nous la montrions, personne n’avait peur.

- Et si nous allions rejoindre Emmanuelle maintenant ? Ma petite fille m’a manquée.


Les retrouvailles furent émouvantes, à coup d’embrassade et d’accolades puis, Caleb, sa sœur, et sa petite fille s’attablèrent à la terrasse de la Boulangerie Jules. Emmanuelle fut mise au courant des détails du combat.


Au bout d’une heure encore de conversation, Emmanuelle prit congé et s’en alla. Il était déjà dix-neuf heures Caleb proposa à Lilith d’aller boire quelque chose de plus sérieux à l’Auberge du vieux quartier.

- Tu plaisantes ? Après tout ce que tu m’as dit ?

- Justement. J’ai été injuste avec toi. Je veux me faire pardonner, sincèrement. Je t’invite.


Lilith finit par accepter. Ils descendirent tranquillement à pied jusqu’à l’auberge.


Sa petite sœur... Elle avait toujours été là pour le soutenir et elle l’était encore, malgré sa peine.


Caleb et Lilith entrèrent dans le bar.

- La soirée est à nous, Lilith.

- J’espère.


- Arrête de jouer les trouble-fêtes. Alors, comment ça va avec Maxime ?

- Je te trouve bien curieux, dis-donc !

- Tu es ma petite sœur, je m’intéresse.


- Je suis sûre que tu m’as invitée ici pour me poser des questions sur Maxime.

- Peut-être bien...

- Je l’savais !

- Et c’est si dérangeant que ça ?

- Non.


- Tu l’aimes, n’est-ce pas ?

- Je crois, oui. Tu penses que c’est mal ?

- Non, je trouve que c’est merveilleux que tu aies une deuxième chance d’aimer.

- C’est vrai, mais quelque chose me retient quand même.

- Quoi donc ?


- Roger... Chaque fois que je suis avec Maxime, j’ai l’impression de le trahir.

- Roger est mort depuis longtemps, Lilith. Et adorable comme il était, je suis sûr qu’il voudrait ton bonheur.

- Tu n’as pas tort. Il m’aimait tellement... Même avant de mourir, il s’inquiétait encore pour moi...

- Je sais. Il m’avait fait promettre de prendre soin de toi. Il avait peur de te laisser seule.


- Il était tellement prévenant.

- Maxime l’est aussi. Et je suis convaincu qu’il t’aime.

- Je le sais bien mais nous avons eu plusieurs vies, toi et moi. Nous avons fondé une famille et perdu nos enfants, morts de vieillesse... Une douleur immense, toujours présente malgré le temps qui passe... Maxime et Rose n’ont encore rien vécu, eux.


Caleb avala une bonne gorgée de plasma Mary. Lilith avait raison, perdre un enfant était ce qui pouvait arriver de pire à un parent, même vampire, et tous deux avaient fait les frais de cette malédiction de leur vie éternelle.


- Aucun de mes enfants n’a voulu me donner de petit enfant... Ils ne voulaient pas me voir souffrir, génération après génération... Ils m’avaient tous deux promis que les derniers deuils que j’aurais à affronter seraient les leurs. Et ils eurent raison, mais je le regrette aussi, car je n’ai eu aucune descendance...

- La mienne va s’arrêter avec Emmanuelle. Elle va bientôt vieillir, et elle est divorcée...


- Rappelles-toi que tu as accepté son divorce.

- Il le fallait. Paul était un parasite qui vivait à ses crochets. Nous ne le supportions pas et elle n’était pas heureuse avec lui.

- Je me souviens de cette nuit où nous sommes allés tous les deux chez lui pour lui faire oublier tout ce qu’il savait de la famille.

- N’empêche qu’on s’est bien amusés.


- Caleb... Est-ce que tu crois qu’on pourra fonder à nouveau une famille ?

- Toi, tu le pourras... Moi, je ne sais pas encore. Rose n’est pas en état pour le moment.

- Moi, j’aimerais beaucoup. Mais il faudrait d’abord que Maxime me demande en mariage.


- Il le fera, j’en suis certain. Le rôle de maman t’allait si bien. Tu étais resplendissante.

- Mais si je venais à avoir d’autres enfants, cela voudrait dire qu’il me faudrait accepter de les perdre à nouveau...

- Oui, s’ils ne naissent pas vampires, mais si tu n’en avais pas, tu te priverais d’un bonheur inégalé. Nos enfants ont fait notre bonheur, Lilith, il faut t’en rappeler. Même si cela a été pour une courte durée, nous étions heureux avec eux.


- Tu as raison. J’ai vécu auprès d’eux les plus belles années de ma vie, et auprès de Roger aussi, bien sûr.

- Ces instants de bonheur sont précieux. Nous ne devons pas les gâcher. Et même s’ils ne durent pas longtemps, nous nous devons de les savourer.

- C’est vrai. Je ne voyais pas les choses ainsi, mais tu m’as ouvert les yeux. Je vais déjà apprécier mon bonheur auprès de Max.

- Tout comme j’ai apprécié tout ce que j’ai vécu avec Rose... Si elle ne se remet pas, ces instants seront à jamais avec moi.


Lorsqu’ils étaient rentrés au manoir, Lilith était partie se coucher auprès de Maxime et Caleb était allé se préparer un verre au salon.


Il regarda un des portraits de son épouse, toujours belle pour lui, si gentille et si douce, toujours prête à réaliser ses moindres caprices et fantasmes... Jamais il n’avait vécu pareil bonheur et il ne voulait pas que cela s’arrête.


Il prit son verre de plasma Mary et alla le boire dans sa chambre, auprès d’elle.

- Je suis rentré, ma douce. Je dois t’avouer que j’ai un peu bu ce soir... J’espère que tu ne m’en voudras pas.


Caleb aimait parler à Rose. Quelque chose au fond de lui, lui disait qu’elle entendait ses paroles.

- J’étais avec Lilith. Nous avons beaucoup discuté. Figure-toi que ton cousin Maxime et elle vivent le grand Amour.


Il se leva pour débarrasser son verre puis alla s’allonger auprès de sa femme.

- Lilith et Maxime s’aiment vraiment, une belle histoire. Je pense que leur amour est aussi fort que le nôtre.


Rose bougea dans son sommeil...

- Il y a une chose que je ne t’ai pas encore dite : j’ai rencontré Perrine. C’est une femme formidable. Elle a apparemment ses entrées auprès du Créateur. Il a donné à Lilith une seconde chance d’aimer. C’est merveilleux, n’est-ce pas ? Il voulait la remercier d’avoir participer au combat. Tu sais, nous avons vaincu Straud et tous ses disciples. Aucun d’entre eux ne pourra plus te faire du mal.


Le lendemain matin, Caleb s’occupa de sa femme. Il la lava et la changea.

- Je vais descendre pour le petit déjeuner, ma douce. En fin de journée, tu vas avoir la visite du Docteur Claire Guérin. Elle t’examinera sûrement. Et j’espère qu’elle va pouvoir nous aider. Je te dis à tout à l’heure.


Lilith et Landry ne disaient mot, mais ce dernier sentait que son meilleur ami était sur le point d’exploser. Contre toute attente, il s’apaisa.


Maxime remettait ça, et Landry et Lilith se demandaient comment cette conversation allait se terminer.


Lilith était très fière de Maxime. Il avait tenu tête à Caleb sans se laisser impressionner, et obtenu ce qu’il voulait.



En fin d’après-midi, Caleb, Maxime et Landry attendaient au salon l’arrivée du médecin.


C’est Lilith qui alla lui ouvrir.

- Bonjour, je suis Lilith Vatore, la sœur de Caleb. Nous vous attendions.

- Bonjour Madame Vatore.


Caleb arriva aussitôt.

- Comment allez-vous, Monsieur Vatore ?

- Ça va, j’espère que vous trouverez un moyen de sauver Rose.

- Il faut d’abord que je l’examine.

- Suivez-moi à l’étage, je vous prie, je vais vous montrer sa chambre.


- Je vais vous demander de nous laisser, Monsieur Vatore.

- J’aimerais rester. Rose ne vous connait pas. Elle pourrait avoir peur.

- Monsieur Vatore, laissez-moi faire mon travail, s’il vous plait.

- Comme vous voudrez. Je vous attends en bas.


Caleb s’éclipsa rapidement, à la vitesse vampirique. Le docteur Guérin le héla donc.

- N’ayez crainte, Monsieur, je vais prendre soin d’elle.


Caleb descendit au salon.


Caleb s’était aussitôt levé.

- Vous avez du nouveau, Docteur ?

- Les nouvelles ne sont pas bonnes, Monsieur Vatore.


Tout le monde s’empressa autour de Caleb.

- Qu’est-ce à dire ? Qu’y a-t-il ?

- Votre épouse a contracté la fièvre du rongeur enragé. Cette maladie est mortelle pour les humains... Et à ce jour, nous n’avons encore aucun remède... Je suis désolée, Monsieur Vatore.


- Ce n’est pas possible. Elle n’a jamais eu de contact avec des rongeurs.

- Chez vous peut-être. Mais pendant sa séquestration ? Qu’en savez-vous ? Je pense que la maladie lui a été volontairement transmise. Sûrement par voie orale.

- Et vous ne pouvez rien faire, c’est ça ?

- Nous n’avons encore aucun vaccin, je vous l’ai dit...


Caleb n’acceptait pas cet état de fait, et il en voulait beaucoup à ce médecin qu’il jugeait incapable.

- Alors vous ne servez à rien, n’est-ce pas Docteur Guérin ?

- Apparemment non, Monsieur Vatore.


Au plus profond de son désarroi, il entendit la voix de Maxime.

- Caleb, s’il te plait, elle n’y est pour rien.

- C’est vrai... Pardonnez-moi, Docteur.

- Cette maladie est incurable. Vous pourrez contacter n’importe quel médecin, il vous dira la même chose. Quelqu’un a voulu tuer votre femme, Monsieur.


Caleb lui tendit sa main.

- D’accord Docteur. Merci de vous être déplacée.

- Je vous en prie... Ecoutez, si vous avez besoin de quoi que ce soit n’hésitez pas.

- Ce ne sera pas nécessaire. Je crois que nous nous sommes tout dit. Au revoir, Docteur.

- Au revoir, Monsieur Vatore.


Lorsque Claire Guérin partit, Caleb se tourna vers ses amis.

- Vous avez tous entendu ? Elle ne peut rien faire.

- Oui, mais tu m’as donné ta parole, Caleb. Ne l’oublie pas.

- Je le sais bien, mais pas ce soir. J’ai besoin d’être seul. Je vais voir Rose.

- Comme tu voudras. On en parle demain.


Caleb était complètement anéanti... Non seulement cette incompétente de docteur Guérin n’avait rien pu faire, mais en plus, il ne parvenait à visualiser qu’une seule issue pour Rose... Sa fin.

- Tu es comme ça à cause du Comte, ma douce...


Il éteignit la lumière. Rose avait les yeux ouverts mais elle ne le voyait toujours pas.

- Il avait promis de me faire souffrir autant qu’il avait souffert... Je crois qu’il est en train d’y parvenir. Je suis tellement navré, ma Rose... Tout cela est de ma faute. Même dans sa tombe, il nous veut du mal. Je l’ai sous-estimé, il avait tout prévu...


- Tu sais, ma douce, tu ne l’as pas encore vu, mais j’ai mis un livre, sur ta table de chevet. C’est Cassandre, ta mamie, qui me l’as laissé pour toi. Elle a dit qu’il te réconforterait. Voilà, je t’ai tout dit, ou presque, pour ce soir. Il faut que je réfléchisse encore pour te raconter la suite. Je vais au salon. Je te rejoins plus tard, ma tendre Rose. Et n’oublie pas que je t’aime.


Caleb rejoignit le salon et se servi un verre, non, une dizaine de verres de nectar de plasma, avant de s’affaler dans le canapé.


Caleb buvait et buvait encore, si bien qu’il n’appréciait plus le goût subtil de ce nectar divin.


Il se resservit pourtant un énième verre.


Caleb envoya son verre de nectar dans la cheminée.


Il parlait à voix haute.


Landry entra dans la pièce, un verre de Plasma Mary à la main.


Caleb se leva.


Landry prit son verre. Tant pis, il finirait à la poubelle, il avait assez bu pour ce soir.



Crédits poses :

  • Rose seule puis Rose et Caleb alongés sur le lit : JOANNE BERNICE

  • Rose allongée sur le lit (robe grise) : JOANNE BERNICE

  • Pose de Maxime, Landry et Caleb devant le docteur Guérin : EXZENTRA

  • Caleb au salon avec son verre : NATALIA AUDITORE


Crédits CC :

  • Feu aux fenêtres du Manoir Straud : NATALIA AUDITORE

  • Robe grise de Rose : JOMSIMS






4 commentaires


Elinoee
il y a 6 jours

Caleb m'a touchée dans ce chapitre...Les soins qu'il apporte à Rose,son questionnement (enfin,hein,mais bon mieux vaut tard que jamais) sur la façon dont il l'a traitée...tout cela était émouvant. De même que le fait qu'il envisage de la laisser partir paisiblement ❤️ Toutefois,je suis complètement pour qu'il écoute Maxime et le laisse tenter son sort...Il y a forcément un moyen de sauver Rose!

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Nathalie986
Nathalie986
il y a un jour
En réponse à

Caleb a mal car il sent qu'il va perdre Rose, et il est prêt à la laisser s'en aller. Sa remise en question est tout aussi sincère que sa peine, et c'est en cela qu'il nous touche. Tu as raison, il vaut mieux tard que jamais, mais je suis heureuse que tu aies trouvé ce chapitre émouvant. D'accord avec toi, Caleb doit écouter Maxime. Espérons qu'il le fasse.

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Eljisim
19 janv.

Les geôles du comte Straud n'auraient pas passé le contrôle sanitaire, à ce que je vois 😬🐭 Finalement Perrine a trouvé la bonne méthode pour arrêter ça, elle devrait peut-être songer à ouvrir une entreprise de dératisation ! Même si je en pense pas qu'elle aurait beaucoup de clients s'ils doivent appeler les pompiers après son passage 😂


Ce chapitre était tout mignon, avec un Caleb désespéré qui ne sait pas quoi faire, qui se remet en question, qui cherche du soutien auprès de ses proches, qui... euh, attends, quoi ? Qui se remet en question ?!?! Alors là, c'est la fête de l'Hiver avant l'heure ! En tout cas, tu as réussi à nous faire éprouver un peu d'empathie…


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Nathalie986
Nathalie986
25 janv.
En réponse à

Pas sûr qu'il y ait eu des rats dans les geôles du comte, malgré leur propreté toute relative. Par contre, une petite dose de la maladie dans les boissons qui étaient servies à Rose, ça certainement. 😉

Tu m'as bien fait rire avec l'entreprise de dératisation de Perrine ! Sacrée reconversion pour une Elue 😂


Alors comme ça, tu as éprouvé un peu d'empathie pour Caleb ? J'avoue que je me demandais quand cela arriverait. Il faut dire qu'il est sens dessus dessous le pauvre. Et il est tellement "humain" dans ce chapitre. Quant à ce qu'il attend, et bien... même si nous, nous savons ce qui ferait du bien à Rose, Caleb n'est pas du tout prêt à l'entendre...


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