G8/ Chapitre 43 - La douleur de Rose
- Nathalie986

- il y a 9 minutes
- 6 min de lecture
Le lendemain matin, Caleb et Rose étaient tous les deux frais et dispos pour le départ de Caleb au travail.
- Tu pars déjà ?
- Il le faut bien, ma douce. J’ai accumulé beaucoup de retard au bureau.

Caleb sentit que quelque chose n’allait pas, et s’arrêta une minute pour parler à sa femme.
- Qu’y a-t-il, Rose ? Je te sens inquiète.

- Je ne suis pas rassurée... Et si je me transformais pendant ton absence ?
- Cela n’arrivera pas.
- Tu es sûr ?

Caleb la prit dans ses bras, et elle le serra très fort contre elle.
- Je suis sûr.

- Je ne te laisserai jamais seule si je savais que cela pouvait arriver en mon absence. Sois sans crainte, s’il te plait.
- D’accord.
- Promets-le-moi, tu veux ?
- Je te le promets.

Ils s’enlacèrent alors.
- Sois confiante. Va voir ta famille comme tu l’as prévu, c’est entendu ?
- Oui mon amour.

Caleb la laissa alors, et elle le regarda partir la boule au ventre.

Rose se rendit directement à la maison de retraite après le départ de Caleb. Son estomac décida de se rappeler à elle lorsqu’elle arriva sur place.

Mais se souvenant de ce que lui avait dit son mari, elle essaya de se calmer et les douleurs passèrent plus vite. Elle fit le tour du bâtiment et arriva devant le portillon de l’entrée. Elle remarqua qu’en face, il y avait un parc de jeu.

Elle imaginait les cris et rires des enfants qui illuminaient la vie de cette résidence pour retraités, et cela lui arracha un sourire. Sa mère aimait-elle les enfants à présent ? Ceux qui n’étaient pas les siens ? Elle avait tant vieilli...

Elle alla directement jusqu’à sa chambre qui se trouvait à l’étage, et qui lui avait été indiquée par le réceptionniste. Elle frappa et n’eut aucune réponse. La porte étant ouverte, elle entra donc. Mais il n’y avait personne.

Elle continua donc son exploration des lieux et arriva dans une bibliothèque. Il y avait une femme aux cheveux gris affairée devant un ordinateur. Elle s’assit en face d’elle, et lui demanda où elle pourrait trouver Maewenn Chevalier. La vieille dame était charmante. Elle lui dit qu’elle la trouverait certainement au rez-de-chaussée, dans la salle télé.

Rose redescendit donc. Elle avait bien aperçu deux personnes en salle télé mais aucune n’était sa mère.

Et puis, elle la vit, juste à côté, en grande discussion avec sa tante Béatrice. Elles n’avaient pas l’air triste.

Après quelques secondes d’hésitation, elle se décida à entrer dans la pièce.


Maewenn prit sa fille dans les bras.






Rose n’eut pas le temps de répondre. Elle se concentra sur sa douleur pour la faire disparaître au plus vite.








Le visage de Béatrice s’assombrit.







Rose ne le savait que trop bien.



À ces paroles, certaines choses revinrent à la mémoire de Rose.

Rose leva pour dire au revoir.


Cela lui avait fait du bien de voir sa mère, mais elle était toujours aussi triste, et son ressentiment envers Caleb, mitigé.
Elle marcha jusqu’au parc de jeu qui faisait face à la maison de retraite. Sa mère et sa tante étaient bien ici. L’endroit était calme et paisible. Elle s’assit sur un banc. Elle commençait vraiment à souffrir de cette chaleur étouffante.
Mais pourquoi avait-elle justement choisi de mettre cette petite robe à col montant ? Sûrement parce qu’à Forgotten Hollow, il fait rarement aussi chaud.

Elle appela Maxime pour savoir s’il était chez lui. Elle avait très envie de passer le voir. Il en était ravi et la convia à venir sans tarder. Il lui annonça que Lilith était en congés et que Gabriel était en visite chez lui.

Lorsqu’elle arriva à Willow Creek, il faisait toujours très chaud mais le temps était plus nuageux. Lilith, Maxime et Gabriel l’attendaient devant la maison. Elle remarqua combien son cousin Gabriel avait grandi et était devenu un bel adolescent.


Maxime enlaça sa cousine.




Lilith prit, à son tour, Rose dans ses bras.





Mais tous savait que Maxime avait uniquement cherché à dédramatiser la tragique situation dans laquelle se trouvait Rose.
Gabriel se décida enfin à rejoindre le petit groupe.



Tous discutèrent encore un moment, puis Rose se sentit mal à cause de la chaleur et Lilith l’emmena, à l’arrière de la maison, sur une terrasse ombragée.
- J’ai eu Caleb au téléphone ce matin. Il m’a dit que tu lui en voulais. Il en est très malheureux.

- Toute ma famille est morte, alors que je dormais tranquillement, et il ne me l’a dit qu’après m’avoir transformée...
- D’abord, tu ne dormais pas. Tu étais dans le coma, mourante... Ensuite, toute ta famille n’est pas morte. Ton mari, ta mère, tes tantes, ta cousine et tes cousins sont encore là.

- Et moi aussi, je suis là. Si tu en veux à Caleb, tu dois nous en vouloir à tous, car nous l’avons tous poussé à prendre cette décision difficile. Tous, sauf Morgane, au début. Caleb était le seul à ne pas accepter cette solution. Il ne voulait pas te transformer. C’est parce qu’on le lui a demandé qu’il a fini par le faire.

- Je ne savais pas...
- Et aussi parce qu’il t’aime. Il y a quelques jours, lorsqu’il a su que tu n’en avais plus pour longtemps, il a enfin pris cette décision que l’on espérait tant qu’il prendrait. Et il a pris la bonne décision. Qu’aurais-tu fait, toi, à sa place ? Tu l’aurais laissé mourir ?

- Je ne sais pas...
- Si, tu le sais. Tu aurais voulu qu’il vive. Claire ne pouvait rien pour toi. Et Caleb a vraiment attendu la dernière minute.

- Claire ? Qui est Claire ?
- Caleb ne t’en a pas parlé ? Claire Guérin, ton médecin. Elle t’a suivi depuis le début. C’était une collègue de Shelby. Figure-toi que Landry est tombé amoureux d’elle. Et ils habitent ensemble depuis deux semaines environ.

- C’est incroyable ! Shelby est à peine morte qu’il se trouve une nouvelle femme !
- Arrête, Rose. Landry a énormément souffert. Et si le Créateur a jugé qu’il avait le droit, une seconde fois, à l’amour, je ne vois pas pourquoi nous nous y opposerions. Landry est vraiment heureux avec Claire. C’est un plaisir de les voir ainsi. Tu devrais arrêter d’en vouloir au monde entier, Rose.

- Je n’en veux pas au monde entier.
- Bien sûr que si. Tu n’as qu’à t’écouter parler. Le pire, c’est que tu en veux aux personnes qui t’aiment, comme Caleb ou Landry, alors que le seul responsable de ce qu’il t’arrive est Vlad !

- Vlad est mort.
- Est-ce une raison pour reporter ta colère sur ceux qui veulent sincèrement t’aider. Nous voulions tous te sauver.
- Tu as raison. Je suis en colère. Je suis même très en colère. Mais je n’y peux rien. Ça ne se contrôle pas.
- Est-ce que tu sais pourquoi tu es tellement en colère ?

- Je suis triste... J’ai perdu mes deux oncles... et Shelby. Et aussi mon père. C’est injuste.
- La vie n’est pas toujours juste, Rose. L’éternité me l’a démontrée à plusieurs reprises.

Rose se leva. Il était temps qu’elle parte. Elle avait dit à Caleb qu’elle serait là à son retour.
- Est-ce que tu veux toujours devenir un vampire, au moins ? lui demanda Lilith.

- De toute façon, il est un peu tard pour reculer, maintenant.
- Ne t’en fais pas, tout se passera bien. Tu as, en Caleb, le meilleur Maître qui soit.
- Oui. D’ailleurs, je sens qu’il va m’en faire voir de toutes les couleurs ! J’ai l’impression que je ne vais pas m’ennuyer.

- Mais en attendant, je vais rentrer l’embrasser et lui dire que je ne lui en veux plus.
- C’est une très bonne chose. Mais tu es sûre de ne plus lui en vouloir ?

- Oui. J’ai bien entendu ce que ma mère et toi m’avez dit.
- Si tu as besoin de conseils vampires, appelle-moi, d’accord ? Ou mieux, passe me voir.

A seize heures, Rose était sur le pas de la porte pour attendre Caleb.
- Bonjour ma douce ! C’est la première fois que tu m’attends dehors.
- Il fait beau. J’en ai profité.
- Ça me fait plaisir. Tout va bien ?

Rose lui répondit que oui, mais Caleb vit tout de suite que quelque chose n’allait pas. Ils entrèrent à l’intérieur.






Caleb s’était éloigné.

Rose le suivit.




Crédit CC :
Robe verte de Rose : JOMSIMS




Commentaires