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G8/ Chapitre 47 - Nat'Hali

  • Photo du rédacteur: Nathalie986
    Nathalie986
  • 6 mai
  • 11 min de lecture

Ils partirent immédiatement après leur visite à Landry. Caleb et Rose arrivèrent dans l’archipel de Sulani au milieu de la nuit par hélicoptère. Ils avaient survolé plusieurs îles avant d’arriver sur le hameau de Mua Pel’Am, l’endroit où ils allaient résider pendant quelques temps.

Le hameau se composait de deux îles. La plus grande était une île volcanique à la végétation très dense et la seconde, une petite île nommée Nat’Hali où se trouvait la maison qu’ils allaient habiter.


En approchant l’endroit, Rose remarqua à quel point ils seraient entourés d’eau. Caleb avait bien fait les choses. Il s’était visiblement assuré que l’endroit ne serait pas peuplé, et que sa femme ne pourrait faire de mal à personne, ce qui la rassura complètement.

Et Caleb pourrait lui apprendre tout ce qu’il avait à lui apprendre sans qu’il n’y ait de curieux indésirables à proximité.


Il n’avait pas fait dans le détail. La maison avait l’air très grande.


Le pilote les déposa sur plage et rappela à Caleb qu’il lui suffirait de le rappeler, lorsqu’ils désireraient repartir.

- Tu n’as pas fait les choses à moitié...


- Ce n’était pas mon intention. Je veux que tu te sentes bien ici.

- Je n’ai avec moi que cette robe et des chaussures à talons. Dans le sable, ça ne va pas être très pratique...


- Nos sacs sont déjà arrivés et nos affaires rangées dans notre chambre. Je t’ai prévu deux ou trois tenues pour notre arrivée, le temps que j’aille nous acheter quelques affaires.

- Bon sang, mais tu as vraiment tout prévu. Quand as-tu organisé tout cela ?


- Aujourd’hui. Pendant que tu jouais de l’orgue. J’en ai d’ailleurs fait installer un ici.

- Aujourd’hui ? Et tu as pu avoir la maison, l’île déserte, l’hélicoptère et l’orgue pour cette nuit ? Comment as-tu fait ?

- J’ai payé.

- Tu as payé ?


- Oui, Rose. Avec l’argent, on peut tout faire. C’est malheureux mais c’est comme ça. Et la fortune des Vatore est encore plus grande que celle des Chevalier, bien plus grande...

- Je vois... Monsieur a fait un caprice de riche. Tu sais, Caleb, j’ai encore très soif.


- J’ai emmené ce qu’il faut dans mon bagage à main. Ce genre de choses, je ne l’ai confié à personne. Et ne t’inquiète pas, je m’occupe de tout. Tu ne manqueras de rien.

- Je te remercie.

- Mais en contrepartie, je te demande de te concentrer uniquement sur toi-même, et sur le fait de devenir un bon vampire. C’est ce que je veux faire de toi. Sur l’île, il n’y a aucun réseau téléphonique. Donc, tu ne pourras appeler personne. Il parait que nous captons le wifi quelques heures par jour, donc tu pourras donner des nouvelles à ta famille via Internet à ce moment-là, mais c’est tout.


Au fur et à mesure que Caleb parlait, Rose découvrait que son séjour sur Nat’Hali ne serait pas une partie de plaisir.

- Ici, tu ne pourras faire de mal à personne. Et tu n’en partiras que lorsque je le jugerais possible.

- Tu me séquestres, Caleb ?


- Ne redis jamais une chose pareille. Parce qu’ici, je serai intransigeant et dur. Je serai l’empêcheur de tourner en rond. Tu me détesteras. Par contre, lorsque nous repartirons, tu seras une bonne vampire qui ne fera de mal à personne et qui participera aux repas de famille sans vouloir boire le sang des siens.

- Je sens que je te déteste déjà...

- Oh non, crois-moi. Pas encore. Notre séjour ici va être long. Nous prendrons le temps.


Ils montèrent jusqu’au perron.

- Ah, autre chose de primordial. Le sang humain est une drogue. Il va falloir que tu l’oublies.


Pourtant, Rose ne pensait qu’à cela depuis sa transformation, à cette drogue, le fruit défendu... Elle avait peur. Elle savait combien son mari pouvait être dur parfois. Et puis, elle lui en voulait déjà de vouloir la priver de ça.


Caleb l’avait séparée du monde. Sur Nat’Hali, il n’y avait rien. Et pourtant, bien qu’il se posât en mari moralisateur, elle ne voulait pas le perdre. Il l’emmena jusqu’à la cuisine qui était complètement ouverte sur l’extérieur.

- Alors, elle te plait ? lui demanda-t-il. Tu as vu tous ces plans de travail !


Elle lui en voulait, mais elle obérait, car elle savait qu’avec lui, son regard implorant ne compterait pas. Alors, elle se fit force pour lui répondre.

- Elle est spacieuse et très agréable. Et puis, elle ouvre sur le séjour, c’est parfait.


Il lui montra ensuite le salon. Combien de temps allait-elle rester ici ?

- Caleb... Tu as dit tout à l’heure que notre séjour allait être long. J’aimerais savoir... Long comment ? Tu y as déjà pensé ?

- Quelques mois, je dirais... Alors, tu le trouves comment notre salon ?


Elle lui en voulait tellement qu’elle ne vit qu’une chose : il n’y avait pas de téléviseur.

- Une télé ? Mais tu rigoles ? On vit très bien sans télé !


- Tu m’isoles déjà du monde, et en plus, tu me prives de télé.

- Il va falloir t’y faire, Rose. Nous sommes ici pour faire ton éducation de vampire.


- Est-ce que tu te rends compte que je ne pourrai jamais vivre là ?

- Et moi je te dis le contraire. Parce que je suis certain que lorsque nous en aurons fini ici, tu ne voudras plus en repartir.


Ils continuèrent la visite par la chambre qui se trouvait à l’étage. Rose était en colère et avait décidé d’être de mauvaise foi.

- Franchement, je préfère de loin notre chambre au manoir.

- Vraiment ?


Mais Caleb n’était pas dupe.

- Tu sais ce que je crois ? Je crois que tu mets de la mauvaise volonté et que tu vas critiquer tout ce que je te montrerai, juste pour m’agacer.

- Franchement Caleb, est-ce que tu es vraiment obligé de faire tout ça ? C’est un peu trop, non ?


- Si je suis obligé ? Evidemment ! Tu as failli croquer ta tante ! Tu es dépendante au sang, tout comme je l’ai été. Tu ne t’en rends pas compte mais il faut te soigner, Rose. Et je vais le faire.

- Qu’est-ce que tu me racontes ? Je n’ai jamais bu de sang. Tu ne m’as donné que les packs de Claire. Alors comment pourrais-je en être dépendante ?


- Tu vois, là, j’en ai marre de devoir argumenter. Il me semble que tu as oublié tous nos protocoles. Alors, on va stopper net pour ce soir, avant que je ne m’énerve. J’imagine que tu es d’accord ?

- Oui, Caleb... souffla-t-elle.


Caleb avait fait un gros effort sur lui-même pour ne pas s’énerver mais il voulait avant tout, soigner sa femme.

- Parfait, dans ce cas, nous allons pouvoir poursuivre la visite.

- Est-ce que je peux me changer d’abord ? Je meurs de chaud.


- Regarde dans la commode. Il y a quelques affaires pour toi. Et je crois que moi aussi je vais me changer. C’est vrai qu’il fait chaud ici.

- Je vais regarder tout ça.


Rose s’était habillée confortablement et avait attaché ses cheveux. Elle rejoignit Caleb dans une pièce qu’il avait appelé la salle des cercueils.

- Tu as aussi fait porter deux cercueils jusqu’ici ?

- Oui, un pour toi et un pour moi.

- Un pour moi ?


- Il va vraiment falloir que je dorme là-dedans ?

- Il le faudra bien si tu veux régénérer ton énergie.

- Mais dormir dans un lit, c’est bien aussi, non ?


- Tu sais parfaitement que ce n’est pas pareil. Tu le sais parce que lorsque je t’ai amenée dans mon antre la toute première fois, je t’ai expliqué ce qu’il en était. Et tu m’as suffisamment vu aller me régénérer pour savoir que le cercueil n’est pas un accessoire décoratif.

- Je le sais bien... Mais j’espérais que... je ne sais pas...


- Je comprends que cela soit difficile pour toi. Mais il faut vraiment que tu écoutes mes conseils.

- Je vais essayer, je te le promets.

- Tu ne vas pas essayer, tu vas le faire. Je ne te laisserai pas le choix.


- Pour ce soir, je te laisse tranquille. Mais dès le lever du jour, ta formation commencera, et tu devras m’obéir sans discuter. En attendant, je te propose de boire un verre sur cette grande terrasse. Tu es partante ?


Bien sûr qu’elle était partante. Cette journée avait été très longue et épuisante. Un peu de détente ne ferait pas de mal.

- L’air frais me fait vraiment du bien.

- Les nuits sont vraiment agréables à Sulani, tu verras.


- Tu es déjà venu ici avant ?

- Oui, il y a fort longtemps. J’ai connu Fétia ici.

- La mère de tes enfants ?

- Oui. J’étais venu ici en séminaire pour le travail avec quelques collègues.


- Tu dois avoir plein de souvenirs avec elle, ici ?

- Non, nous sommes restés une semaine sur l’archipel, et je ne l’ai rencontrée que le quatrième jour.


- C’était un soir. Nous étions allés nous détendre dans le seul bar du coin, et nous avions bien picolé, les gars et moi. Et ils se sont mis dans la tête de me caser avec la serveuse qui avait l’air d’avoir le béguin pour moi.


- Et tu t’es laissé faire ?

- Bien sûr, j’étais célibataire à l’époque, et je n’étais pas contre un peu d’amusement. Nous avons donc passé la nuit ensemble, une seule nuit.


- Tu veux dire que vous n’avez passé qu’une seule nuit ensemble et qu’elle t’a donné des triplés ?

- C’est ça. Je ne l’ai plus revue ensuite. Nous avons terminé le séminaire, et sommes rentrés chez nous.


- Ensuite, ça s’est compliqué. Fétia avait le numéro d’un de mes collègues, et elle l’a contacté pour qu’il m’apprenne sa grossesse.

- Ça a dû te faire un choc.


- C’est sûr. Mais j’ai pris mes responsabilités, et je ne l’ai pas regretté, lorsque je vois les trois merveilleux enfants que j’ai eu la chance d’avoir.

- Tu as raison. Je trouve que, toi aussi, tu es merveilleux. D’autres hommes auraient abandonné la pauvre femme.


- Et si nous allions voir de plus près ce paysage avant que le jour ne se lève ?

- Ah, le jour...


- Tu as vu cette belle cascade ? Et dire que je ne peux même pas aller la voir de près...

- Ça viendra.


- Je te promets qu’avant la fin de ton séjour ici, tu ne craindras plus le soleil.

- Ça me parait tellement loin...


- Allez, viens... Il faut rentrer maintenant.

- J’arrive...


Avant de rentrer, Rose aperçut un voilier amarré au loin. A sa grande surprise, Caleb lui dit que c’était le leur.


- C’est une torture... Cet endroit est paradisiaque et je ne peux même pas en profiter...


Rose était complètement démoralisée. Caleb la prit dans ses bras.

- Ne t’en fais pas. Tu en profiteras autrement. Je te promets que si tu respectes toutes mes consignes, cela arrivera plus tôt que tu ne le crois.

- Tu m’en as fait des promesses aujourd’hui, mon amour.


- Je ne pourrai tenir mes promesses que si, toi, tu y mets du tien. Sans toi, elles seront caduques.

- Ce qui signifie que je vais devoir t’obéir, quoi qu’il arrive...


- Oui mais je ne vois pas ce qui t’affole. Notre couple a toujours fonctionné ainsi. Ce n’est pas nouveau pour toi.

- Ce qui m’inquiète, ce sont les ordres que tu vas me donner...

- Ne sois pas inquiète. Ils seront toujours réalisables. Peut-être parfois difficiles, mais réalisables.

- D’accord...


- Bon. Et à partir de maintenant, je veux que tu te régénères, et que tu dormes dans la journée. Tu iras d’abord dans le cercueil, pendant quelques heures et, ensuite, si tu le souhaites, tu pourras dormir dans le lit. Et tu vas commencer tout de suite.

- Tu veux que j’aille dans le cercueil maintenant ?


- Oui. Ça te pose problème ?

- Non, pas du tout ! J’ai toujours rêvé de dormir dans un cercueil !

- Pendant que tu te régénèreras, je m’absenterai pour aller sur la capitale.


- Tu vas me laisser toute seule dans le cercueil ?

- Tu dormiras, Rose, tu ne t’apercevras de rien.

- Si tu le dis... Mais pourquoi as-tu besoin d’aller là-bas ?

- Je vais aller nous acheter des vêtements plus adaptés à la vie ici. Et je te ramènerai d’autres chaussures aussi.


- Mais en attendant, au lit, ma belle !

- Je peux au moins prendre une douche ? Ça va bientôt faire vingt-quatre heures que j’ai pris la dernière...


Caleb l’accompagna jusqu’à la salle de bain.

- Et s’il se passait quelque chose pendant ton absence ?

- Et que veux-tu qu’il se passe ? Nous sommes seuls ici.

- C’est bien ce qui me fait peur.


- Arrête de t’angoisser inutilement.

- Je ne m’angoisse pas.

Mais Caleb sentait qu’il ne fallait pas qu’il prenne à la légère les angoisses de sa femme.

- Tout va bien se passer, d’accord ?

- D’accord...


- Je te propose de choisir ton cercueil. L’autre sera le mien.

- Honnêtement Caleb, je m’en moque un peu...

- J’insiste, il faut que tu t’y sentes bien. C’est important.


- Que je m’y sente bien ? Je vais plutôt étouffer là-dedans !

- As-tu étouffé toutes les fois où je t’ai prise dans mon cercueil ?

- Non, c’est vrai.

- Alors, maintenant tu choisis et tu vas te régénérer.


Rose y alla, à contre-cœur.

- Croise les mains sur ta poitrine, tu seras plus à l’aise.


Caleb referma le couvercle.

- Fais de beaux rêves ma douce.


Caleb enfila son maillot de bain, mit quelques affaires dans un sac, puis il descendit jusqu’au point d’amarrage du scooter...


Il grimpa dessus et, bien qu’hésitant à la pensée de laisser Rose seule dans la maison, il fila tout droit en direction d’Ohan’ali, la capitale et partie commerçante de l’archipel, pour acheter les vêtements qu’il avait promis à sa femme.


Rose avait quitté le cercueil à peine avait-elle entendu le moteur du scooter, et elle avait vu Caleb partir.


Finalement, cela tombait plutôt bien qu’il ait décidé de sortir, car elle n’avait absolument pas sommeil, et encore moins envie de dormir dans un cercueil. Elle descendit au rez-de-chaussée, et décida de garder sa nuisette, ainsi, peu importe l’heure à laquelle son mari rentrerait, elle lui dirait qu’elle venait de se lever. Ce serait lui mentir, elle le savait, mais il ne lui laissait pas vraiment le choix.


Cet endroit était vraiment magnifique et elle se demanda si elle ne pourrait pas s’installer, là-bas, sous la tonnelle, pour profiter du paysage, et pourquoi pas, tenter de voir si elle pouvait utiliser cet ordinateur portable qui était posé sur la table, sans que le soleil ne lui brûlât la peau...


Il faisait si beau... Elle décida donc de tenter sa chance et alla s’installer sur le banc. Mais sa déception arriva très vite. Les voilages de la tonnelle ne la protégeaient guère du soleil, et ses rayons menaçants commençaient à entamer son épiderme.


Elle se précipita alors à l’intérieur, non sans avoir pris l’ordinateur qu’elle posa sur le comptoir de la cuisine. Ce n’était vraiment pas juste. Être dans un si bel endroit et ne pas pouvoir en profiter...


Mais elle n’abandonna pas si facilement et alla regarder la mer sur la petite terrasse qui se trouvait près de l’entrée. Au moins, ici, le toit était en dur et elle ne risquerait rien.


Le voilier était là et Caleb avait dit que c’était le leur. Elle caressa secrètement l’espoir qu’il l’emmènerait très vite faire un tour à bord.


Elle resta assise là, sur cette terrasse, une bonne partie de la journée, ne se levant que pour étancher sa soif de plasma, ce qui lui arriva trois fois. Elle ne se lassait pas du paysage environnant, ni du calme ambiant.


Elle rentra en début d’après-midi car la chaleur devenait vraiment insupportable, et elle se mit sur l’ordinateur pour découvrir, avec joie, qu’elle avait une connexion wifi. Elle en profita pour papoter avec Morgane et lui demanda de l’excuser pour son comportement de la veille. Morgane ne lui en voulait pas du tout, et était ravie, au contraire, que Caleb prenne les choses en mains, et souhaite aider sa femme à traverser ces moments difficiles. Si elle savait !


Rose était tellement prise dans sa discussion avec Morgane qu’elle n’entendit pas le scooter arriver. Il faut dire que Caleb avait coupé le moteur lorsqu’il était arrivé en approche de la maison.


Il fit coulisser la baie vitrée et pénétra dans la pièce

- Tu es déjà levée ?! Et en plus, tu es allée dehors !


A suivre...


.

Crédit CC :

  • Nuisette de Rose : JARUSIMS


Crédit construction :

  • La maison est une création de CRUMBTOPDONUTS que vous pouvez retrouver sur la galerie sous le nom de "Paradise off the grid"

  • J'ai modifié certains éléments de décoration pour les besoins de l'histoire.




1 commentaire


Eljisim
il y a 7 jours

Alors tout d'abord, avant que j'oublie :

"Rose était en colère et avait décidé d’être de mauvaise foi." Hahaha, j'adore 😂😂


Ensuite, le Créateur a eu la gentillesse de débloquer Sulani pour cet entraînement ! J'aime beaucoup le nom de l'île, va savoir pourquoi, il me rappelle quelque chose... 😉 En tout cas, cette maison est superbe et constituerait un lieu de vacances idéal... si Rose était réellement en vacances, bien sûr, ce qui n'est pas tout à fait dans les plans de Caleb.


J'avoue que je ne m'attendais pas à ce que Rose désobéisse aussi rapidement à son mari/mentor 😬 Elle a vraiment décidé d'y mettre toute la mauvaise volonté du monde, hahaha ! Heureusement qu'il n'est rien arrivé…


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